Unité de médecine forensique (UMF)
Missions
L'UMF réalise, à la demande des autorités judiciaires, des expertises médico-légales qui aident à résoudre des enquêtes pénales ou civiles. L'UMF est le lien qui relie le domaine médical au monde judiciaire.
L’UMF reçoit également des mandats spéciaux, en particulier des demandes d’expertises provenant de tiers (particuliers, avocats, institutions nationales et internationales) ou lors de circonstances particulières (identification des victimes lors de catastrophes de masse (d'origine naturelle (par ex. glissement de terrain, tsunami) ou humaine (par ex. accidents de transport, victimes de conflits)).
Champs d'activité
Ses principaux domaines d’activités sont les examens thanatologiques (autopsie), les expertises cliniques et les expertises sur dossier. L’UMF assure également les fonctions de l’enseignement pré-, post gradué et continu en rapport avec diverses professions (médecins, ambulanciers, magistrats, avocats, policiers, …) ainsi que celle de la recherche dans le domaine de la médecine forensique.
En termes de prévention et de santé publique, la détection rapide d'une substance toxique dans l'organisme (par ex. monoxyde de carbone) peut aider à éviter de nouvelles intoxications. La détection d'une maladie génétique héréditaire chez une personne décédée permet la recherche du même trait génétique chez d'autres membres de la famille et rend ainsi possible la mise sur pied d'un traitement.
Collaborateurs
Les activités de l’UMF sur le site de Lausanne sont effectuées sous la responsabilité du Dr Katarzyna Michaud. Quant à l'équipe genevoise, elle est conduite par le Dr Tony Fracasso. L’unité est composée de 16 médecins, dont 10 titulaires d’un titre de spécialiste en médecine légale FMH, de 4 préparateurs, d'une anthropologue et d'un poste de technicien en radiologie médicale (TRM). L'expertise en médecine dentaire forensique est fournie par un consultant externe. Dès avril 2012, dans le cadre d'une nouvelle convention avec le Valais, une antenne de médecine légale sera ouverte à Sion au sein de l'Hôpital de Sion qui fait partie du Réseau Santé du Valais (RSV). Les autopsies mises à part, une bonne partie des tâches dévolues à une unité de pathologie forensique pourront être effectuées sur place par la Dresse Bettina Schrag qui tout en étant nommée médecin-adjoint à l'Hôpital de Sion conservera une affiliation avec le CURML.
L'UMF accueille également des stagiaires pendant des périodes variables, notamment des étudiants en médecine et des médecins étrangers qui se spécialisent en médecine forensique.
Principales activités médico-légales
Levée de corps : à la demande des autorités judiciaires, lors d’un homicide ou d'un décès considéré comme suspect (mort violente ou d'origine indéterminée), le médecin légiste se rend sur les lieux de la découverte du corps. Il y relève tous les paramètres utiles (température ambiante et rectale, présence de lividités, degré de rigidité cadavérique, présence de pétéchies conjonctivales) pour estimer l’heure de la mort et établir les causes et circonstances du décès. Pour estimer l'intervalle postmortem, il est parfois nécessaire de faire appel à l'entomologie forensique. Les analyses pratiquées dans ce contexte apportent des données originales aux calculs de l’intervalle post-mortem.Le corps est ensuite transporté au Centre universitaire romand de médecine légale pour y pratiquer divers examens.
- Examen externe : le médecin légiste examine l'habillement et le corps de la victime. Il recherche des traces de blessures, des indices de lésions, décrit la présence de lividités, évalue la rigidité pour déterminer les causes et circonstances du décès. Il rédige ensuite un rapport destiné au mandant, en général les autorités judiciaires.
- Autopsie : le médecin légiste pratique un examen externe, puis procède, après visualisation des images par radiographie et CT-Scan natif, à une ouverture du corps, suivi d'un examen macro- et microscopique (histologie) approfondi des viscères et tissus, afin de déterminer les causes du décès. Il effectue également des prélèvements de divers liquides et tissus biologiques pour d’éventuels examens toxicologiques, biochimiques, génétiques, microbiologiques ou virologiques. Selon les indications et après l'examen radiologique, une angiographie postmortem, avec injection de produits de contraste, est réalisée dans le cadre du concept Virtangio®. Cet examen radiologique complète l'autopsie et permet la visualisation des vaisseaux du corps entier. Il rédige ensuite un rapport destiné au mandant, en général les autorités judiciaires.
- Identification : dans les situations où le corps ne pourrait pas être reconnu de visu (altération cadavérique avancée, corps carbonisé, lésions traumatiques très étendues) ou à l’aide des empreintes digitales (relevées par la police), le médecin légiste peut être amené à procéder à une identification médico-légale au moyen d'un examen dentaire comparatif, un examen du dossier médical ante-mortem ou par des analyses de génétique forensique.
- Expertises cliniques (examen sur une personne vivante): A la demande des autorités judiciaires et avec l’accord de la personne concernée, le médecin légiste examine les victimes de violence ou les auteurs présumés d’un délit, afin de détecter et de décrire les éventuelles lésions présentes sur le corps ainsi que de les interpréter. Le médecin légiste rédige ensuite un rapport aux autorités judiciaires.
- Expertises spéciales et sur dossier: il en existe différents types, dont voici une liste non exhaustive:
- Expertise d’alcoolémie: estimation du taux d’alcool au moment d’un accident de la circulation ou de tout autre événement
- Evaluation d’une prise en charge médicale: déterminer si celle-ci a été adéquate et effectuée dans les règles de l’art. Cette expertise peut être réalisée avec la collaboration d’un ou plusieurs co-experts du domaine concerné
- Evaluation d’une mise en danger de la vie: déterminer si certaines lésions présentées par un individu ont pu mettre sa vie en danger ou non
- Interprétation de lésions sur photographies, à partir de certificat médical et dossier d’enquête
- Examen d’ossements: déterminer s’il s’agit d’ossements humains. Estimer le sexe, l’âge et le délai post-mortem des ossements humains
- Estimation d’âge biologique
- Participation à des reconstitutions
- Visite des lieux
- Témoignage au tribunal en qualité d'expert.
Equipements
- Salle d'autopsie équipée d'un microscope opératoire
- Appareils d'imagerie radiologique (Appareil mobile, CT-Scan (GE HealthCare LightSpeed 8 Barettes))
- Equipements de microscopie optique
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