Laboratoire suisse d'analyse du dopage (LAD)

Prestations de l'unité Formation et recherche FAQ
 

Le Laboratoire suisse d'analyse du dopage, unique laboratoire antidopage en Suisse, assure un rendu des analyses d'échantillons urinaires dans les 10 jours ouvrables suivants la réception de ceux-ci. De plus, ces dernières années, le LAD a acquis une expérience importante dans la gestion et le développement de méthodes liées à la matrice sanguine. Sa renommée lui permet de participer activement aux analyses ainsi qu'à l'expertise lors de nombreux événements sportifs d'envergure nationale et internationale.

L’existence même du LAD est validée par l’accréditation annuelle de l’Agence mondiale antidopage (AMA) délivrée pour la première fois au début de l’année 2004. Cette dernière délivre le certificat sous certaines conditions:

  • avoir obtenu l’accréditation ISO 17025, s’appliquant aux laboratoires d’analyses; le LAD a cette accréditation délivrée par le Service d’Accréditation Suisse (SAS) depuis décembre 2000. (Registre STS du LAD)
  • respecter et suivre le Standard international pour les laboratoires (ISL) édité par le Code mondial antidopage de l’AMA
  • avoir réussi les différents essais d'aptitude

En plus des prestations de laboratoire imposées par l'Agence mondiale antidopage (AMA), le LAD a pour missions l’enseignement dans le cadre de la Faculté de biologie et de médecine (FBM) ainsi que de Institut des sciences du sport de l'Université de Lausanne (ISSUL).

L'appartenance du LAD au milieu académique  stimule une activité de recherche et développement reconnue dans le monde de l'antidopage. Les publications récentes issues des recherches effectuées au sein du LAD sont accessibles sur le site PubMed.

 

Les objectifs 

  • Suivre les exigences de la norme internationale ISO 17025 : 2005 concernant la compétence des laboratoires d’analyse afin de maintenir l’accréditation du LAD
  • Fournir aux clients, dans des délais convenus, des résultats d’analyse précis et fiables
  • Privilégier une communication avec les clients, les autres laboratoires accrédités par l’AMA et les diverses équipes de recherche impliquées dans des projets similaires aux nôtres. Cette communication s’exerce sous forme de conseils, de services et de collaborations variées, tou en respectant les règles d’éthique et de confidentialité telles que définies dans l’Annexe B du Standard international pour les laboratoires de l'AMA
  • Respecter les bonnes pratiques de laboratoire
  • Œuvrer en toute objectivité et impartialité
  • Promouvoir une mise à jour permanente des compétences techniques et scientifiques
  • Maintenir au sein du laboratoire un esprit d'équipe de nature à favoriser la motivation personnelle et un engagement collectif afin de pouvoir offrir des prestations de qualité

Le LAD n’entretient aucune relation privilégiée avec des mouvements ou organismes politiques, administratifs ou économiques. Le LAD n’assure aucune tâche de surveillance, de contrôle ou d’inspection et ne peut agir qu’en tant que consultant ou expert.

Le respect des procédures et l’application des règles d’assurance de qualité et d’éthique professionnelle garantissent l'impartialité et l'indépendance du LAD vis-à-vis de ses clients.

 

Les statistiques 

Chaque année, tous les laboratoires antidopage dans le monde doivent fournir des statistiques détaillées à l'Agence mondiale antidopage. Celle-ci fait un bilan annuel de tous les échantillons ayant été analysés à travers le monde.

Il est nécessaire de mentionner que l'importance d'un laboratoire antidopage ne peut pas être extrapolée à partir du seul nombre total d'échantillons analysés par celui-ci. En effet, l'activité de recherche et développement et la production de publications scientifiques est également un paramètre majeur à prendre en considération.

 

L'historique 

1990-Création

En 1989, le Conseil d’Etat vaudois prend la décision de créer à Lausanne un laboratoire qui s’occupera de déceler la présence de produits dopants dans les urines de sportifs. Cette décision fut prise afin de palier à la récente fermeture du seul laboratoire anti-dopage suisse se trouvant jusqu’alors au sein de l’Ecole fédérale de gymnastique à Macolin. Dès lors, il incombe à l’Institut de médecine légale des Hospices Cantonaux Vaudois de reprendre le flambeau.  L'Institut abrite alors un laboratoire de toxicologie analytique de renom et les analyses effectuées, essentiellement de toxiques liés à des cas médicaux-légaux, s’appuient sur les mêmes techniques que celles pratiquées en matière de dopage sportif. Le fait que nombre d’organismes sportifs internationaux (Comité international olympique (CIO), fédérations internationales) fut également pris en compte. 

Le 1er janvier 1990, le laboratoire est officiellement créé et engage le personnel (2 chimistes, 1 biochimiste, 2 laborantines et une secrétaire) nécesssaire pour la mise en place des techniques d’analyse spécifiques à la lutte anti-dopage. Il se nomme alors Unité d’Analyse du Dopage (UAD) et fait partie intégrante de l’Institut Universitaire de Médecine Légale, dans le bâtiment du Champ de l’Air (ancien Hôpital Cantonal) à la rue du Bugnon 21 à Lausanne.

1992-Accréditation CIO et premières analyses

En mars 1992, après avoir reçu son accréditation par le CIO, le laboratoire débute officiellement son activité. Ses premiers échantillons lui parviennent de l'organisation faîtière du sport suisse, nommée alors Association suisse du sport (ASS), qui devient ensuite Association olympique suisse, puis Swiss Olympic.

Quelques 1500 échantillons sont analysés la première année, provenant essentiellement du sport suisse et des compétitions internationales organisées en Suisse.

Les contacts avec les fédérations internationales installées à Lausanne, dont la principale est l’Union cycliste internationale (UCI), permettent au laboratoire de développer son activité d'analyse et de développement.

En 1996, les sports d’endurance sont très touchés par le dopage à l’érythropoïétine. L’UAD effectue les premiers tests sanguins à titre expérimental sur le Tour de Suisse en collaboration avec l’UCI et l’association des équipes cyclistes professionnelles. Jusqu’alors, seuls des contrôles urinaires existaient en matière de lutte contre le dopage.

1997-Premiers contrôles sanguins

En 1997, l’UAD devient le LAD et reçoit l’autorisation d’utiliser le label suisse en prenant le nom de Laboratoire suisse d’analyse du dopage. L’UCI demande au LAD d’organiser les tests sanguins sur les principales courses cyclistes. Ces tests sanguins appelés aussi tests de santé avaient pour but de prévenir sinon empêcher les abus de dopage à l’EPO. En effet, aucune méthode de détection directe de cette molécule existait à cette époque. Cette activité appelle de nouveaux développements et du personnel supplémentaire. Les tests sanguins sont les prémisses du passeport biologique. Ils sont surtout à la base d’une collaboration durable avec le monde du cyclisme. Celle-ci a permis aux collaborateurs du LAD d’apporter leur savoir-faire aux plus grands événements cyclistes internationaux (plusieurs championnats du monde, les Jeux Olympiques, tous les Tours de France depuis 1997, etc.).

1998-La nandrolone et le football

En 1998, en marge de la Coupe du monde en France, la FIFA demande au LAD d'effectuer une étude à caractère épidémiologique sur l'augmentation de présence de nandrolone dans les urines de joueurs. Cette étude, qui a permis au football de vivre une Coupe du monde en toute sérénité en terme de contrôles anti-dopage, est également à l’origine d'une collaboration extrêmement fructueuse avec l’unité de recherche médicale de la FIFA. le Professeur Jiri Dvorak en est le responsable.

Le LAD reçoit son label qualité ISO 17025 fin 2000. Dès 2001, le laboratoire implémente la méthode de détection de l’EPO dans l’urine. Les premiers cas positifs à l’EPO dans le milieu sportif ont été détectés à Lausanne. L’introduction de cette méthode, mise au point par le laboratoire de Châtenay-Malabry (laboratoire accrédité français près de Paris), a permis à la lutte anti-dopage de faire un grand pas en avant et à limiter la prévalence de l’abus d’EPO. Le LAD a été un des principaux  artisans de cette avancée.

Expertise du laboratoire pour les grands événements

En 2002, lors de la Coupe du monde Japon-Corée, la FIFA envoie un expert du LAD pour la mise en place des premiers contrôles sanguins et des analyses EPO dans le football.  

En 2003, L’IAAF envoie également des experts du LAD pour les contrôles sanguins mis en place dans l’athlétisme international lors des Championnats du Monde. Ils sont tout d’abord introduits dans les Championnats du monde de Cross organisés par Lausanne-La Broye en 2003, ainsi que dans les Championnats du monde sur piste à Paris. Par la suite, le LAD offre son expertise lors de plusieurs événements internationaux d’envergure : les Championnats du Monde de cyclisme dès 1997, l'EURO 2004 au Portugal, les Jeux Olympiques d’Athènes 2004, Championnats du Monde IAAF 2005 à Helsinki, Osaka 2007, les Jeux Olympiques de 2006 à Turin pour la méthode de détection de la transfusion homologue mise au point par le LAD. De plus, le LAD est nommé le laboratoire officiel pour l'EURO 2008 organisé par la Suisse et l’Autriche.

Présent et futur 

Au printemps 2006, le laboratoire déménage dans des locaux plus spacieux (plan d'accès). Il se trouve actuellement à Épalinges, dans un bâtiment transformé pour l’accueil de Start-Up en biotechnologie et autres unités de recherche. Ces locaux, dont l’intendance est assurée par le Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV), ont été aménagés pour assurer la qualité des prestations de ses nouveaux locataires. Des aménagements importants ont été consentis par la Direction générale du Département de la santé du canton de Vaud afin d’assurer un service irréprochable par le LAD.

Les années à venir seront déterminantes pour le développement du laboratoire. En effet, les enjeux actuels et futurs de la lutte anti-dopage demandent à ses acteurs une réactivité sans faille. Le dopage génétique est un de ces enjeux et le développement d'outils comme la protéomique ou la métabolomique seront nécessaire au LAD pour continuer à être à la pointe au niveau international.